Agnès Clairand - Créatrice de luminaires en papiers japonais

L’univers créatif d’Agnès déploie aujourd’hui ses radicelles entre les brumes du Clain, affleurant l’onde, à l’orée du parc naturel urbain de Poitiers, des premières lueurs vivifiantes du soleil, à celles, plus diffuses, de la Lune.

Cette amoureuse de la nature vit autant que faire se peut, au rythme des saisons, de la faune et la flore environnante, où elle a enfin posé ses valises et quelques pierres de taille, aux côtés de son fidèle compagnon. Celui qui bâtit et conçoit l’enveloppe, le cadre pour que l’artiste expose et explore son intériorité.

La solitude, elle y aspire profondément, Agnès. Un besoin vital pour puiser en elle les ressources que nécessite la démarche créative et la valorisation de ce qui en émerge, auprès de sa clientèle en chair et en os, comme de ses communautés réseaux autour de son site Internet, son blog, son compte Instagram et ses pages Facebook… 

Pourtant, que son royaume est peuplé de créatures fantastiques, de personnages enchanteurs : les esprits de la nature, probablement un héritage de son enfance passée en Afrique et peut être un clin d’œil à l’anagramme de son prénom… Les photos les plus récentes attestent de la présence quotidienne de ces habitants qui l’accompagnent au sein de son précieux jardin.

Son jardin, parlons-en, même si comme disait Madame Lenôtre, il faut savoir garder le sien secret : force est de constater qu’il occupe à présent ce qui lui reste de temps libre et s’immisce jusque dans son travail.

En effet, en pleine mutation, l’artisane glisse peu à peu vers la photographie, son premier amour, celui qui l’a construite dès l’adolescence de l’autre côté de la méditerranée et pendant ses études à l’École du Louvre, son expérience dans l’encadrement, sa vie de libraire parisienne à Sciences Po… Bref, qui ne la quitte pas et se matérialise par un boîtier, toujours prêt à dégainer, au fil de ses pérégrinations.

Ses papiers, aussi colorés et nobles soient-ils, ne lui suffisent plus…

Toujours marquée par la culture japonaise et asiatique, pour les imprimer, elle utilise un procédé venu du pays du soleil levant : la risographie. Grâce au savoir-faire technique et au matériel mis à disposition par Flore Marquis – un patronyme prédestiné pour résonner avec Agnès – aux Usines Nouvelles de Ligugé, quelques kilomètres en amont de l’eau qui coule sous ses fenêtres… 

D’abord, elle a exploité 3 clichés en surimpression au service d’une collection de luminaires à la fois « so british », dont le plus petit modèle évoque la justesse des traits de l’illustratrice Béatrix Potter, et toujours marqué par le Japon, à la façon de Kazuo Iwamura et sa famille souris qui évolue dans un décor naturaliste.

Ensuite, il y a eu les appliques jouant par transparence avec les portes rétaises, toujours en surimpression, conçues en exclusivité pour l’îlot des créateurs, la boutique insulaire à laquelle elle participe depuis deux ans.

Et puis, plus récemment, elle met en lumière le vivant éphémère en séries tantôt poétiques et épurées, tantôt espiègles et délicieusement subversives, de natures mortes et paysages – ses modèles favoris -, qui, parmi les illustrateurs japonais, rappelleraient volontiers le délicat cherche-et-trouve Loup y es-tu ? de Mitsumasa Anno ou la simplicité de Lao Shu qu’elle affectionne tant…

Après la philosophie zen, le land art frappe à sa porte. Le laissera-t-elle entrer ?

Ariane Gouëset.

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